Les approches traditionnelles et nouvelles

Plusieurs méthodes de développement moral ont été employées dans le passé. Les plus courantes consistaient à donner l’exemple, persuader, limiter les choix, dramatiser, établir des règles et des règlements, enseigner des dogmes religieux ou culturels, faire appel à la conscience. Les conseils, les ordres, les leçons, les prêches, les menaces, les critiques, les félicitations, les interrogations et l’ironie ont donné peu de résultats dans le domaine du développement éthique.

Des expériences récentes démontrent que les approches socratiques nouvelles, comme le développement politico-moral d’OLI­VER amène les résultats productifs que la transmission directive ne réussit pas à donner.

Cette méthode s’attache au processus de développement politico-moral et non de leur transmettre certains comportements considérés comme corrects.

 

Développement politico-moral

OLIVER emploie une méthodologie de la même famille pour enseigner les sciences sociales dans une perspective de participation et de développement du jeune citoyen. Plusieurs questions sociales sont présentées avec des comptes rendus historiques, des documents journalistiques, des rapports de recherche, des récits authentiques ou fictifs. On y touche des sujets comme la colonisation, l’immigration, les conflits raciaux, la loi, le gouvernement, la politique municipale, le progrès, l’éducation, le raisonnement moral, la liberté religieuse, l’organisation des travailleurs, la science et l’état, la guerre, l’action sociale, la diplomatie internationale, etc. (OLIVER et NEWMAN).

Comme les discussions sont en général peu productives car chacun cherche à défendre son point de vue et à gagner; OLIVER emploie une méthodologie spécifique pour que celles-ci deviennent des occasions de développement social. Il insiste pour que lés participants s’écoutent, se comprennent et se manifestent cette compréhension. Cette opération se montre nécessaire pour faire de la discussion de questions publiques une clarification politico morale (OLIVER et BANS). Pour aider chacun à élaborer ses positions personnelles, l’éducateur engage un « dialogue socratique » où il amène le jeune à clarifier ses positions et à justifier son point de vue. Durant ces échanges l’enseignant recourt à l’analogie, la distinction, la nuance, la définition des termes de l’évaluation des renseignements recueillis. Ce processus rationnel élimine les débats, suscite le changement d’opinion, combine la collecte d’information au jugement des faits connus (OLI ER et NEWMAN (42]). De plus l’éducateur tente d’y incorporer les modes affectifs et intuitifs de connaissance. Ainsi il rend le dilemme plus personnel en employant des situations actuelles et en demandant aux étudiants leur position personnelle face à cette affaire, par exemple « Participeras-tu aux manifestations contre la guerre? » (OLIVER et BANS).

 

Références

Dewey, J. Moral principles in education. Houghton Mifflin, 1909.

Olivier, D.W. et Bans, M.J. Moral education: Is reasoning enough? In C.M. Beck, B.S. Crittenden et E.U. Sullivan (Eds.). Moral edu­cation: Interdisciplinary approaches. Toronto University Press, 1971.

Olivier, D.W. et Newman, F.M. — Cases and controversy. Xerox, 1971.

 

 

 

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